Actualités · 2026-10-02

Souveraineté numérique : ce que le mouvement européen enseigne à un groupe de sociétés

Des administrations européennes annoncent leur migration vers le logiciel libre. Au-delà de l'effet d'annonce, trois critères pratiques — juridiction, réversibilité, maîtrise — pour un groupe.

En 2026, plusieurs administrations européennes ont annoncé réduire leur dépendance à des fournisseurs américains de logiciels : migration de postes de travail vers Linux, abandon d'accords-cadres, remplacement d'outils collaboratifs par des solutions libres européennes (FOSS Force, TYPO3 News). Les chiffres cités varient d'une source à l'autre, et ces projets s'étalent sur des années. Il faut les lire comme un signal d'orientation, pas comme un bilan.

Ce que le mouvement dit à une entreprise

Il dit qu'une dépendance à un fournisseur unique, soumis à un droit étranger, est un risque que même de grandes organisations acceptent désormais de chiffrer. Il ne dit pas qu'il faut tout remplacer. Pour une structure de taille moyenne, la souveraineté n'est pas un état à atteindre, c'est une propriété à mesurer, brique par brique.

Trois critères distincts

Le mot « souverain » recouvre trois choses qu'il faut séparer :

  • La juridiction : sous quel droit les données sont-elles hébergées, et qui peut en exiger l'accès ?
  • La réversibilité : peut-on exporter les données dans un format ouvert et changer de fournisseur sans réécrire l'activité ?
  • La maîtrise opérationnelle : sait-on qui administre les systèmes, et pourrait-on continuer sans cette personne ou ce prestataire ?

Les technologies ouvertes répondent bien aux deux derniers critères ; le premier dépend surtout du lieu d'hébergement et de l'exploitant.

Une lecture de groupe

Dans une structure à plusieurs sociétés, l'enjeu est de rendre visibles les dépendances communes. Un outil adopté par une filiale devient souvent, au fil du temps, l'outil de toutes les autres. Poser trois questions à chaque entité — quels outils critiques, hébergés où, avec quelle possibilité de sortie — suffit pour faire apparaître les points de fragilité, sans lancer un grand projet de migration.

Prudence sur trois écueils

  • L'idéologie : remplacer un outil parce qu'il est américain, sans analyser le risque réel, coûte cher et peut dégrader le service. On commence par ce qui expose le plus ou coûte le plus.
  • La conduite du changement : un outil techniquement supérieur mais mal adopté est un échec.
  • La confusion entre libre et gratuit : l'économie porte sur les licences ; l'exploitation et la maintenance restent un coût réel, qu'il faut prévoir.

Une conviction ancienne

Ce choix des technologies ouvertes n'est pas né de l'actualité : il traverse la trajectoire du groupe depuis ses débuts, comme nous l'expliquons dans cet article. Le mouvement de 2026 en confirme l'intérêt stratégique ; il n'en change pas le principe : privilégier ce qui peut être inspecté, exporté et repris en main.

Sources